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exercices de philosophie

par Maryse Emel


La leçon des fèves Rousseau


site créé avec JeFaisMonSite Rousseau et les fèves

Jean-Jacques Rousseau

Il y a des croyances tenaces. Par exemple celle selon laquelle Jean Jacques Rousseau, s’opposerait radicalement à la propriété privée. Rousseau est d’abord l’homme de son temps : il s’en prend à la noblesse et aux privilèges. La terre appartient à celui qui la travaille. Ce n’est pas une simple affirmation. Rousseau fonde ses propos. Et il explique cela avec des graines

 

Ainsi dans son traité pédagogique qui a pour intention de faire d’Emile un citoyen moral et juste, il nous livre une expérience : celle des fèves. Il conseille à son lecteur de la faire à son tour.

 

Question : qu'est-ce que cela nous apprend sur la valeur de l'exemple?

 

Il faut donc peu de choses au maître d’Emile pour amener son élève d’une part à ne pas s’illusionner, c’est-a-dire dire comprendre que la propriété est instituée et protégée par des lois.

Juste un paquet de graines, en l’occurrence des fèves.

Emile est heureux, et se reconnaît lui-même dans ce travail. Le travail le renvoie à la conscience de soi. C’ est son travail, et non le vol d’une terre. Il ne conquiert rien, il plante une graine : son travail lui appartient.

 

« En attendant qu’il ait des bras, je laboure pour lui la terre ; il en prend possession en y plantant une fève ; et sûrement cette possession est plus sacrée et plus respectable que celle que prenait Nuñes Balboa de l’Amérique méridionale au nom du roi d’Espagne, en plantant son étendard sur les côtes de la mer du Sud. »

« On vient tous les jours arroser les fèves, on les voit lever dans des transports de joie. J’augmente cette joie en lui disant : Cela vous appartient ; et lui expliquant alors ce terme d’appartenir, je lui fais sentir qu’il a mis là son temps, son travail, sa peine, sa personne enfin ; qu’il y a dans cette terre quelque chose de lui-même qu’il peut réclamer contre qui que ce soit, comme il pourrait retirer son bras de la main d’un autre homme qui voudrait le retenir malgré lui. »


 

Puis c'est le drame. Dans la nuit Rousseau demande au jardinier de tout arracher. Emile au matin, se réveille et à la vue du travail anéanti pleure
 

Ibid., p. 120 : « À la vision des fèves arrachées, il pense : ah ! qu’est devenu mon travail, mon ouvrage, le doux fruit de mês soins et de mes sueurs ? Qui m’a ravi mon bien ? Qui m’a pris mes fèves ? »

 

Si la propriété, malgré le mal qu’elle introduit parmi les hommes, semble être une institution contre laquelle on ne peut pas lutter et qu’on ne peut pas supprimer, peut-être parce,qu'elle appartient à sa constitution, alors il s’agit de trouver un critère qui puisse la rendre légitime. L’homme a le droit au plus haut degré à ce qu’il a créé avec sont travail, c’est-à-dire lorsqu’il a agrégé à la nature une partie de lui-même, de son énergie. De cette façon, pour que l’on puisse justifier la propriété de la terre il faudrait la rendre toujours productive par son propre travail. Le simple droit d’héritage serait insuffisant pour en assurer la possession 

 

Question : quel lien peut-il y  avoir entre institution et constitution..?