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exercices de philosophie

par Maryse Emel


Aristote Agir contre la fatalité


Aristote, Ethique à Nicomaque : faut-il s'en remettre à la fatalité ou agir?

Publié par maryse.emel in aristote: éthique à Nicomaque

 

Aristote, Ethique à Nicomaque : faut-il s'en remettre à la fatalité ou agir?

La délibération selon Aristote ou le refus de la fatalité dans le domaine de l'action: l'homme prudent.

 

Faire n'est pas savoir, encore moins agir. L'artisan fait et produit, dans un travail de mise en forme de la matière (poiesis), le savant cherche à connaître (theoria) et l'homme politique agit dans la plus totale contingence (praxis).

La contingence, ce qui peut être autrement, ne relève pas du nécessaire. Ainsi n'est-on jamais sûr d'obtenir ce que l'on avait prévu. Le risque alors c'est de s'en remettre, vaincu, aux affres du hasard, ou de la fatalité, ce qui revient au même. Dans ces deux cas on n'agit pas, on se laisse mener par les circonstances.

Si le chox fait l'homme, il y a alors une nécessité de la contingence pour le manfester.

 

 

 

 

ŒuvreOedipe explique l'énigme du sphinx

Département des Peintures : Peinture française

 

Peintures 
Peinture françai se François de Vergnette

Oedipe, personnage de la mythologie grecque, répond à l'énigme posée par le sphinx, monstre fabuleux. Le tableau fut d'abord une étude de figure qui constituait un des "envois de Rome" d'Ingres. Puis, près de vingt ans plus tard, Ingres l'agrandit pour en faire un tableau d'histoire. Il atténua l'archaïsme de la toile primitive : Oedipe reste une figure d'une harmonie formelle exceptionnelle.

Le triomphe d'un homme sur un monstre

Dans un paysage rocheux et escarpé, Oedipe, personnage de la mythologie grecque, est nu, de profil, face au sphinx. Ce monstre, au visage et au buste de femme, au corps de lion et aux ailes d'oiseau, s'est placé dans l'ombre d'une grotte. Oedipe donne la solution de l'énigme que le sphinx lui a posée comme à tout voyageur passant dans cet endroit de la région de Thèbes. Lorsque le monstre lui demanda : "Quel est l'être doué de la voix qui a quatre pieds le matin, deux à midi et trois le soir ? ", Oedipe répondit qu'il s'agit de l'Homme puisque, enfant, il marche à quatre pattes, adulte, il marche sur ses deux jambes, et, vieux, il s'aide d'une canne.
Au bas du tableau, un pied coupé et des ossements humains évoquent les voyageurs précédents qui ont péri après avoir échoué à répondre. Au fond, un compagnon d'Oedipe épouvanté s'enfuit. On devine plus loin encore des constructions de la ville de Thèbes.
Le thème de l'oeuvre est celui du triomphe de l'intelligence et de la beauté humaine. Cette scène est aussi celle de l'homme face à son destin puisque l'exploit d'Oedipe l'amène à devenir roi de Thèbes et à épouser sa mère Jocaste, comme l'oracle l'avait annoncé à sa naissance. Si, depuis la fin de l'Antiquité jusqu'à Ingres, ce sujet avait été rarement traité, en revanche au XIXe siècle, il passionna de nombreux artistes, notamment Gustave Moreau (1826-1898).

Un "envoi de Rome" devenu un tableau d'histoire

L'oeuvre constitua en 1808 le premier "envoi de Rome" d'Ingres. C'était alors simplement une étude de figure (une "académie") comme devait en faire tout pensionnaire de l'académie de France à Rome. Elle fut envoyée à Paris avec La Baigneuse Valpinçon (Paris, musée du Louvre) pour y être soumise au jugement des membres de l'Institut. Ceux-ci critiquèrent le modelé peu appuyé, le clair-obscur trop faible d'Oedipe. En 1827, Ingres reprit cette étude pour en faire un tableau d'histoire qu'il voulait exposer au Salon. Il élargit la toile de trois côtés pour agrandir la figure du Sphinx et ajouter celle du compagnon du voyageur à l'arrière-plan.

Harmonie géométrique et archaïsme

Comme le règlement de l'Institut le demandait, Ingres a peint son étude de figure d'après un modèle vivant. Il fit poser celui-ci dans l'attitude de la statue antique Hermès à la sandale (Paris, musée du Louvre). Cette pose met en valeur les muscles du corps du modèle, sa force, sa détermination. Son corps, ses membres et les javelots qu'il tient dessinent des formes géométriques harmonieuses. La netteté des contours, l'emploi réduit du clair-obscur et le léger modelé de surface utilisé pour la figure d'Oedipe confèrent un aspect archaïque au tableau. Cet archaïsme trouvait sa source dans le goût d'Ingres pour les vases grecs. La transformation de la toile en 1827 a atténué ce caractère archaïque de la composition et lui a donné une apparence plus moderne, sinon romantique. Ingres a alors rendu certaines parties plus sombres et peint le personnage ajouté avec une expression d'effroi.

Bibliographie

- ROSENBLUM Robert, Ingres, Cercle d'art, Paris, 1968, pp. 80-81.

- KORCHANE Mehdi, in Maestà di Roma. Da Napoleone all'unità d'Italia. D'Ingres à Degas. Les artistes français à Rome, catalogue d'exposition, Rome, Académie de France à Rome, Villa Médicis, Rome, Electa, 2003, pp. 489-490.

 

 

 

 

 

 

 

Tout d'abord il n'y a place que pour les raisonnements probables, car dans l'action, rien d'absolument certain ne peut être produit. Ainsi faut-il penser la rhétorique qui donne forme au discours de l'action politique. (Eth Nic I,1,1094b25). Cependant, si l'opinion a une place, cela implique de la purger de ses passions pour éviter les débordements (d'où l'importance de la catharsis au théâtre tragique selon Aristote, car c'est justement le lieu où l'opinion va se libérer de ses passions). Le vrai bonheur selon Aristote est le résultat de l'action engagée, dans le but du bonheur de tous et pas de quelques uns.Ainsi ne faut-il pas attendre la mort pour être heureux, ni s'en remettre au hasard, mais agir en vue du bien:

et l'homme, écrit Aristote, sera "bienheureux comme des hommes peuvent l'être" (I,11,1101a20), c'est à dire jamais véritablement achevé, mais peut-être est-ce là l'occasion pour l'homme de manifester son humanité.La contingence du monde est la seule condition qui paradoxalement rend possible le bonheur humain. Le bonheur humain apparaît comme quête de stabilité, tout le contraire de l'instabilité du hasard.Ilfaut tenter de faire front aux incertitudes de l'avenir, dont la mort fait partie.

Tout le projet de l'Ethique à Nicomaque est de définir l'action prudente à partir d'abord d'une galerie de portraits (livres III et IV), qui lui confère le statut d'initiateur d'un genre littéraire, celui des Caractères, que reprendra son disciple Théophraste, puis plus tard La Bruyère.

Ainsi c'est à partir de l'existence d'un mot qui renvoie à une réalité historique, le mot "phronimos" - le prudent- qu'Aristote va déterminer l'essence de la prudence...Ainsi l'existence précède la détermination de l'essence de la prudence.

 

Mais avant il convient de clarifier le concept d'action.

(dans d'autres pages j'ai établi la distinction poiesis/parxis/theoria, je n'y reviens pas)

Quand j'agis il y a deux possibilités: l'action est volontaire ou délibérée.

L'action volontaire selon Aristote est propre aussi aux animaux et aux hommes. Le priNcipe de leurs actes est en eux.Seul l'homme est capable de délibérer pour faire un véritable choix qui ne soit ni de l'ordre du plaisir ni de l'ordre de la peine. Bien sûr il peut agir non volontairement ( il agit par ignorance) ou involontairement(de cette action il retire affliction et repentir). En outre agir par ignorance ce n'est pas agir dans l'ignorance . Ce dernier ignore les choses qu'il doit faire et celles qu'il doit éviter.

Comment alors agir en délibérant bien? Comme dans l'art médical ou celui de la navigation (deux paradigmes fréquents d'Aristote), il faut agir suivant la droite règle. Comme la contingence est là (la tempête par exemple), il faut adapter son action aux circonstances, tout en ne perdant jamais de vue ce qu'il est opportun de faire. L'homme qui agit n'est ni un lâche, ni un téméraire, ni un rustre....il doit agir selon la juste mesure. Il doit aussi savoir ce qu'il fait, choisir librement l'acte en raison de l'acte lui-même (pas pour faire plaisir à quelqu'un par exemple), et accomplir cet acte dans une disposition d'esprit ferme et inébranlable, disposition qui se trouve en l'homme lui-même, sans autre étalon que lui..

L'homme prudent n'est pas l'homme habile qui peut être un véritable coquin. (Panurge dans le Tiers Livrede Rabelais)

L'homme prudent n'est pas Le Prince de Machiavel non plus: Aristote tient ensemble la morale et la politique, que désolidarisera Machiavel:

 

Les Romains, en ces circonstances, agirent comme doivent le faire des princes sages, dont le devoir est de penser non seulement aux désordres présents, mais encore à ceux qui peuvent survenir, afin d'y remédier par tous les moyens que peut leur indiquer la prudence. C'est, en effet, en les prévoyant de loin, qu'il est bien plus facile d'y porter remède; au lieu que si on les a laissés s'élever, il n'en est plus temps, et le mal devient incurable. Il en est alors comme de l'étisie, dont les médecins disent que, dans le principe, c'est une maladie facile à guérir, mais difficile à connaître, et qui, lorsqu'elle a fait des progrès, devient facile à connaître, mais difficile à guérir. C'est ce qui arrive dans toutes les affaires d'État : lorsqu'on prévoit le mal -de loin, ce qui n'est donné qu'aux hommes doués d'une grande sagacité, on le guérit bientôt, ; mais lorsque, par défaut de lumière, on n'a su le voir que lorsqu'il frappe toits les yeux, la cure se trouve impossible. Aussi les Romains, qui savaient prévoir de loin tous les inconvénients, y remédièrent toujours à temps, et ne les laissèrent jamais suivre leur cours pour éviter une guerre : ils savaient bien qu'on ne l'évite jamais, et que, si on la diffère, c'est à l'avantage de l'ennemi. C'est ainsi que, quoiqu'ils pussent alors s'en abstenir, ils voulurent la faire à Philippe et à Antiochus, au sein de la Grèce même, pour ne pas avoir à la soutenir contre eux en Italie. Ils ne goûtèrent jamais ces paroles que l'on entend sans cesse sortir de la bouche des sages de nos jours : Jouis du bénéfice du temps; ils préférèrent celui de la valeur et de la prudence ; car le temps chasse également toute chose devant lui, et il apporte à sa suite le bien comme le mal, le mal comme le bien.

Machiavel, Le Prince, ch.III

 

Il n'a rien à voir avec un Saint ou le héros bergsonien: ce n'est pas un modèle à suivre, mais il sert de critère, grâce à la rectitude de son jugement, sur des choses contingentes.


Qui ne voit que la cohésion sociale est due, en grande partie, à la nécessité pour une société de se défendre contre d'autres, et que c'est d'abord contre tous les autres hommes qu'on aime les hommes avec lesquels on vit ? Tel est l'instinct primitif. Il est encore là, heureusement dissimulé sous les apports de la civilisation ; mais aujourd'hui encore nous aimons naturellement et directement nos parents et nos concitoyens, tandis que l'amour de l'humanité est indirect et acquis. À ceux-là nous allons tout droit, à celle-ci nous ne venons que par un détour ; car c'est seulement à travers Dieu, en Dieu, que la religion convie l'homme à aimer le genre humain ; comme aussi c'est seulement à travers la Raison, dans la Raison par où nous communions tous, que les philosophes nous font regarder l'humanité pour nous montrer l'éminente dignité de la personne humaine, le droit de tous au respect. Ni dans un cas ni dans l'autre nous n'arrivons à l'humanité par étapes, en traversant la famille et la nation. Il faut que, d'un bond, nous nous soyons transportés plus loin qu'elle et que nous l'ayons atteinte sans l'avoir prise pour fin, en la dépassant. Qu'on parle d'ailleurs le langage de la religion ou celui de la philosophie, qu'il s'agisse d'amour ou de respect, c'est une autre morale, c'est un autre genre d'obligation.

Les Deux sources de la morale et la religion. Bergson.

 

Chercher en l'homme prudent un modèle à suivre est hors propos.

Par conséquent l'homme prudent est celui qui délibère et sait saisir le kairos, c'est à dire le moment opportun. Ainsi, à chaque fois doit-il réfléchir, attendre le Kairos...du fait de la contingence des événements, de l'avenir....Mais paradoxalement, c'est une chance. Il n'y a que par l'action que l'homme peut manifester sa liberté.